Les délestages sont devenus le cauchemar des camerounais toute couches confondues. Entre privatisation obscure de la Sonel, l’entreprise d’Etat qui dans bien que mal donnait satisfaction aux camerounais, construction de multiples barrages qui en dehors d’engloutir de milliers de milliards du budget de l’Etat et de remplir les poches de certains dirigeants de rétrocommissions et de détournements de fonds publics, ne semblent pas en mesure de combler le déficit énergétique du pays estimée pourtant a simplement 100 MW en 2024, la dilution des responsabilités entre de nombreuses sociétés qui se marchent dessus (ENEO, EDC, SONATEL), juste pour caser les amis politiques, les camerounais ne savent plus à quel saint se vouer et apprennent comme dans un rêve que l’une de ces entreprises défaillantes vient de réaliser un bénéfice record en 2024. En effet, Electricity Development Corporation (EDC, vient d’annoncer un bénéfice net record de 20,5 milliards de FCFA en 2024. Pourtant, l’entreprise est dans un merdier pour un projet socialement structurant dans la région de l’Est. En effet, elle a de la peine à achever le projet d’électrification de 150 localités dans la région de l’Est. En cause : le retard de décaissement du financement promis par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC).
D’après des sources internes, la BDEAC n’a libéré qu’une partie des 20 milliards FCFA prévus. Il ne manquerait pourtant que 3 milliards FCFA pour boucler les travaux et connecter ces villages à l’électricité produite à Lom Pangar, une centrale de 30 MW entrée en service en 2024. Un comble dans une région historiquement délaissée, classée parmi les plus pauvres du pays.
Lors de la 55e session du Conseil d’administration d’EDC, tenue le 11 juillet 2025 à Yaoundé, la direction a été sommée d’accélérer les travaux, même en restructurant le financement si nécessaire. Le Conseil a recommandé d’explorer d’autres bailleurs, tout en poursuivant les pourparlers avec la BDEAC.
Parallèlement, des projets ambitieux voient le jour dans le Nord-Ouest. Quatre projets électriques d’une valeur totale de 9,4 milliards FCFA, dont deux mini-barrages hydroélectriques sur les chutes d’Abi (2,5 milliards FCFA) et le fleuve Menchum (4,6 milliards FCFA), un réseau solaire de 10 mini-centrales (taux de rendement de 18 à 22 %), et une unité modulaire Powerloop (1,5 milliard FCFA) sont en projet dans cette regions. En plus, d’autres projets de plus de 47 milliards FCFA ont été présentés aux investisseurs, sans résultats concrets jusqu’ici.
On se demande comment dans ce micmac, EDC peut se féliciter d’avoir réalisé un résultat net en hausse de 70,8 % par rapport à 2023, a moins que cela ne soit surtout que le résultat d’une gymnastique comptable. Car dans les details, le chiffre d’affaires a bondi à 141,7 milliards FCFA, boosté par la vente directe d’électricité à Eneo depuis Memve’élé (211 MW) et Lom Pangar (30 MW), ainsi que la montée en puissance de la centrale de Nachtigal (420 MW). Cependant, en dehors de cette dernière dont les paiements a EDC sont réguliers et qui a fait grimper les droits d’eau perçus par cette dernière, les ventes aux autres entités qui nagent dans des difficultés en tout genre, se limitent généralement aux simples écritures comptables, les encaissements réels étant hypothétiques.
Par conséquent, dans les coulisses, la trésorerie d’EDC reste sous pression, surtout a cause, les impayés chroniques d’Eneo, eux-mêmes liés à la mauvaise volonté de l’État à régler ses propres dettes énergétiques. Une chaîne d’insolvabilité qui menace la pérennité financière d’EDC, malgré ses performances officielles, véritables trompe-œil.
