Chaque fois qu’une mission du FMI est au Cameroun, elle ne rentre jamais sans faire un appel au gouvernement pour des reformes afin d’atteindre les objectifs fixés dans les programmes qu’il soutient. Et très souvent les mêmes exigences reviennent : suppression des subventions aux carburants, réduction du train de vie de l’Etat, amélioration de sa gouvernance, lutte contre la corruption, amélioration du système fiscal etc. Comme une sorte de rengaine, ces requêtes revient à chaque fois qu’une mission du FMI est dans nos murs, sans que l’institution mondiale rende public une évaluation de l’exécution des précédentes. Finalement, on a l’impression que dans l’impossibilité de faire plier le régime, en particulier pour ce qui concerne des actions fondamentales l’accélération du développement du pays comme la réduction du train de vie de l’Etat, la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance dans le sens de plus de démocratie, de transparence et de responsabilité, il ne s’accroche plus finalement que sur les reformes susceptibles d’alléger les caisses de l’Etat pour lui permettre de rembourser ses dettes, en particulier extérieures. C’est le cas actuel de son insistance pour une suppression totale des subventions aux carburants. A qui profiterait cette suppression totale des subventions aux carburants si parallèlement le gouvernement ne réduit pas son train de vie fastueux et surtout, ne lutte pas contre la corruption qui gangrène son administration et surtout ne met pas fin a la guerre fratricide qu’il a engagé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud=Ouest pour résoudre des problèmes politiques et sociaux ? Il est évident que la totale suppression des subventions aux carburants sans résoudre les préalables ci-avant énumérés ne peut que permettre au gouvernement que de rembourser sa dette extérieure afin d’alléger les pressions des bailleurs de fonds, maintenir son train de vie fastueux ainsi que la corruption endémique qui gangrène son administration, mais lui permettent de fidéliser sa clientèle politique pour son maintien au pouvoir a tout prix, continuer la guerre fratricide dans les régions anglophones qui permet à ses barons de s’enrichir etc., même si parallèlement le peuple camerounais continue à s’enfoncer dans la misère.
Si le FMI ne veut pas continuer à fermenter le sentiment de rejet de l’Occident par les jeunes générations africaines qui lui imputent le retard du continent dur la voie du développement, il est temps qu’il démontre comment la politique, qu’il mène depuis des années, peut conduire a unvrai développement économique. Car, en dehors de conduire à l’affichage des taux de croissance positifs artificiels, qui n’ont aucune influence sur l’amélioration du niveau de vie des populations, une justification de la théorie de la croissance sans développement de l’économiste égyptien Samir Amin, on ne voit pas comment a la longue elle peut apporter un vrai développement a l’Afrique. Le resultat concret de nos jours est le paradoxe qu’on constate de nos jours sur le continent ou les pays d’Afrique francophones en général affichent les plus forts taux de croissance tout en s’enfonçant progressivement dans la pauvreté, pendant de l’autre cote, les pays anglophones, lusophones et arabophones progressent dans la modernité, même si leurs taux de croissance sont plus faibles. Il est du devoir du FMI d’expliquer aux africains en général et aux camerounais en particulier les contours d’un tel paradoxe.
