le billet de la semaine : CHAOS ELECTRIQUE AU CAMEROUN : ENEO ET LE GOUVERNEMENT DEPASSES

Les choses ont commencé le 9 septembre 2024, lorsque Yaoundé, la capitale  du pays, est plongée dans une obscurité inédite. Douala a pris le relais dans la foulée. Jusque-là on a cru aux délestages habituels qui sont le lot des camerounais depuis des années. Mais lorsque les régions de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest ont pris le relais en pire, c’est-à-dire en s’enfonçant totalement dans le noir, à partir du vendredi 13 septembre 2024, on a compris qu’il s’agissait de toute autre chose. Et depuis lors, les camerounais vivent un véritable cauchemar, car des simples coupures habituelles, on est passe a une monumentale coupure qui dans certaines régions comme perdure jusqu’aujourd’hui. Et tout cela dans l’indifférence totale et d’ENEO et d’un gouvernement qui, une nouvelle fois, donne la preuve qu’il a perdu le contrôle de tout dans le pays. Alors que c’est tout ce qu’on appelle le Réseau Interconnecté Sud (RIS), qui comprend les sept régions du pays, qui se retrouve donc sans lumière, sans aucune explication claire. 

Dans un communique vaseux sur les réseaux sociaux, qui ressemble davantage à une déclaration d’intention qu’à une véritable explication, ENEO fait croire que l’enchevêtrement de coupures pour les plus chanceux des camerounais et le noir complet pour le reste de la population, est dû à un incident sur le réseau de transport électrique. Elle ajoute ensuite que ses équipes sont pieds d’œuvre pour arranger la panne le plus tôt possible. Un « plus tôt possible » qui fait aujourd’hui plus de dix jours. Les médias officiels ajoutent aussi que les équipes de la SONATEL sont également sur le terrain pour régler le problème. Les quelques réactions des officiels ne font qu’accroitre la confusion. En effet tandis que le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, impute la situation a l’arrêt de la centrale à gaz de Kribi, le gouverneur de la région de l’Ouest lui tente de singulariser le cas de la région de l’Ouest en parlant d’une simple défaillance du transformateur 50MVA /30KV qui dessert les départements des Bamboutos, des Hauts-Plateaux, du Koung-Khi, de la Menoua, du Nde et du Noun. Afin, la confusion tourne en désarroi dans les esprits lorsqu’une information dans les réseaux sociaux évoque a son tour le lundi 16 septembre 2024, une autre probable cause, a savoir l’arret complet du barrage hydroélectrique de Mekin, situé dans la région du Sud, un autre éléphant blanc du régime, puisqu’il n’a jamais fonctionné a plein régime depuis sa mise en service en 2019 malgré qu’il a englouti 35 milliards de FCFA, suite à un dysfonctionnement des pompes à eau du 1er étage. Pour ce qui concerne particulièrement la région de l’Ouest ; des sources officieuses ont annoncé le jeudi 19 septembre 2024 que, dépassés par les évènements, le pouvoir politique se sont rabattu au cannibalisme du matériel existant en démontant un transformateur dans la zone industrielle de Bassa a Douala pour essayer de dépanner cette région. Un rafistolage qui ne peut que déplacer le problème, puisque ce faisant, le démontage d’un transformateur dans la zone industrielle de Bassa accable encore plus le calvaire que subissent déjà les entreprises en matière d’alimentation en énergie, particulièrement depuis le début de l’actuelle crise. On pense aux industries alimentaires, aux entreprises du secteur de distribution de la viande et du poisson etc. Et pour ce qui concerne la région de l’Ouest, poumon de l’élevage des ovins dans le pays, on s’attend incessamment a une crise majeure du fait de l’interruption depuis deux semaines de la chaine de production, de distribution et de l’élevage des poussins d’un jour du fait du manque de la lumière dans les fermes pour les chauffer.  

Tout cela arrive au moment où on apprend que le fonds Actis qui gère  ENEO jusqu’ici, est arrivé à un accord avec le gouvernement pour le transfert au Cameroun des 51% de parts qu’il détient dans l’entreprise. S’agit-il alors simplement de la conséquence de la malgouvernance chronique qui gangrène tout le pays, ou des investissements insuffisants et des tensions financières dont souffre ENEO depuis des années ou par contre on a affaire à un coup bas du gestionnaire ACTIS mécontent d’avoir été pousse malgré lui à la porte de l’entreprise ?  

En attendant d’avoir des réponses claires a ces questionnements, le fantôme des délestages et autres coupures d’électricité pour les camerounais n’est pas près de s’éloigner. Pourtant on est là dans un pays ou les dirigeant ne ratent aucune occasion pour exhiber son énorme potentiel électrique, le deuxième du continent après la RDC, sans compter la demi-douzaine de barrages qu’ils se vantent d’avoir déjà construits, même si tout le monde sait qu’un certain nombre de ces barrages ne sont que des éléphants blancs construits uniquement pour permettre à certains d’entre eux de détourner des milliards de fonds publics.  

Il apparait donc clairement que le drame actuel en réalité met en lumière une problématique plus profonde, à savoir l’incapacité du régime au pouvoir, plombé par sa malgouvernance, à mettre en œuvre des politiques énergétiques adéquates, susceptible de permettre d’exploiter le riche potentiel énergétique du pour accélérer son développement. Le fiasco d’aujourd’hui est l’illustration de son un échec politique et managérial qui a conduit le pays a la situation de faillite d’aujourd’hui. Il invite par conséquent à une remise en question totale de la gouvernance qui a été celle du pays jusqu’ici. 

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