Le billet de la semaine : LA FAILLITE DE LA JUSTICE : UNE DES CAUSES DU RETARD ECONOMIQUE DU CAMEROUN

La récente affaire KONDO EBELLE est l’une des illustrations les plus palpables. Dans une ordonnance rendue le 23 juin 2025, le juge de référé du Tribunal de première instance de Douala Bonanjo a suspendu la vente aux enchères publiques des biens de l’homme d’affaires Gabriel Kondo Ebelle dit Gaby Kondo prévue par la SRC pour les 24 et 25 juin 2025. Nonobstant cette décision judiciaire, l’opération a néanmoins eu lieu moins de 24 heures après, c’est à dire le mardi 24 juin 2025.

Un manque de considération qui illustre à souhait le peu de considération qui est donnée aux décisions de justice de nos jours dans notre pays, tellement l’institution judiciaire est gangrenée par la malgouvernance et la corruption.

D’ailleurs, cette affaire vient s’ajouter aux autres pérégrinations de la justice camerounaise dans de nombreux dossiers économiques dont la plus saillants ces dernières années sont les affaires Port autonome de Douala contre Bolloré, Port autonome de Douala contre la société CONGELCAM et surtout le contentieux entre le milliardaires camerounais Baba Danpullo et société MTN Cameroun, la succursale camerounaise de la multinationale sud-africaine MTN INTERNATIONAL Ltd. Dans toutes ces affaires, les magistrats camerounais se sont tellement déconsidérés à travers des décisions scabreuses et parfois contradictoires, très souvent motivées uniquement par leurs intérêts personnels, que de nos jours plus personne ne croit en la justice camerounaise. occultes des lobbies qui se sucrent dans la pourriture du système judiciaire camerounais.

Cette dérive des magistrats installe une insécurité juridique permanente au Cameroun puisque les règles et les décisions juridiques ne sont ni claires, ni stables ni prévisibles. Un comportement qui assombrit le climat des affaires car il devient difficile, voire impossible, pour les opérateurs économiques nationaux comme internationaux de connaître leurs droits et obligations, et de planifier leurs actions.

Il en résulte que la bonne gouvernance dont a besoin le Cameroun pour relancer son développement passe non seulement par des reformes et politiques et économiques dynamiques mais également par l’avènement d’une justice libre et indépendante.

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