Le billet de la semaine : LE 4E RECENSEMENT GENERAL DE LA POPULATION EST ANNONCE POUR 2026, MAIS AVEC UN BUDGET DIVISE PAR CINQ, ON S’INTERROGE

Comme annonce dans l’une de nos dernières éditions, le recepement général de la population, attendu depuis 2006, a été annonce pour 2026. Selon les chiffres officiels, l’opération sera financée à hauteur de 13,28 milliards de FCFA, dont 7 milliards apportés par la Banque mondiale via son programme régional d’harmonisation des statistiques en Afrique, et 6,2 milliards pris en charge par l’État du Cameroun.

« Tout est bouclé, les besoins sont connus, les sources de financements identifiées. Il est juste question de procédures de décaissement », a rassuré il y a quelques jours Paul Tasong, ministre délégué auprès du Minepat. Le gouvernement prévoit également de coupler le recensement avec celui de l’agriculture et de l’élevage afin d’obtenir une cartographie exhaustive de la population et de ses moyens de subsistance.

Un recensement pilote avait déjà été conduit en 2023, mais le résultat n’est toujours pas connu. Au niveau du ministère en charge de l’opération, des enquêtes de vérification sont annoncées pour corriger doublons et omissions avant l’annonce des chiffres définitifs. On aimerait croire que c’est la seule raison.

Par ce que derrière l’annonce officielle, des interrogations surgissent. Le recensement avait été institué dès 2015 par décret présidentiel, avec un budget initial estimé à 64 milliards de FCFA. En mars 2024 encore, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, assurait qu’une enveloppe de 42 milliards avait été mobilisée, et qu’il manquait 22 milliards supplémentaires.

Or, moins de deux ans plus tard, l’État présente un financement total divisé par près de cinq, sans aucune explication. Une réduction drastique qui alimente les doutes sur l’ampleur réelle du déploiement et la fiabilité des données à collecter.

Officiellement, les autorités expliquent les retards par les crises sécuritaires dans l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, mais aussi par des tensions budgétaires. Pourtant, de nombreux observateurs estiment que l’enjeu est aussi hautement politique.

Les projections actuelles reposent sur le dernier recensement de 2005, qui bien que largement conteste, chiffrait la population à 20 millions d’habitants. Vingt ans plus tard, ces données obsolètes compliquent la planification en matière d’infrastructures, d’éducation, de santé, et même la répartition des circonscriptions électorales.

Le Premier ministre tente de rassurer sur la volonté du gouvernement de tout mettre en œuvre pour combler ce vide statistique. Peut-on croire en la bonne volonté du gouvernement, lorsque par exemple l’un des consommateurs officiel des données statistique en ce qui concerne le chiffre de la population, refuse, en violation de la loi, de publier la liste électorale nationale a la veille d’un scrutin aussi essentiel que l’élection présidentielle ? Les incertitudes budgétaires persistant, ce 4e recensement attendu depuis deux décennies pourrait n’être qu’une autre mascarade pour permettre de satisfaire la volonté du gouvernement de pervertir les données démographiques du pays afin de fausser le jeu démocratique au Cameroun, comme il le fait depuis de décennies.

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