La société australienne Peak Minerals a annoncé le 15 octobre 2024, avoir pris contrôle de plusieurs actifs miniers au Cameroun. Cette annonce s’ajoute a celle faite le 5 juillet 2024 selon laquelle elle avait signé d’autres accords pour acquérir jusqu’à 80% d’intérêts dans trois entités distinctes qui contrôlaient un total de 24 permis d’exploration minière dans le pays couvrant une superficie de 11 200 km².
Les nouveaux accords portent sur l’acquisition des projets Kitongo et Lolo qui regroupent 6 permis d’exploration sur une surface de 2 400 km2. Ces actifs détenus par African Future Minerals Pty Ltd (AFM) et Rafia Mining Pty Ltd, ont fait l’objet de travaux d’explorations avancés par NU Energy en 2007 puis Mega Uranium en 2011. Pour l’instant, on ignore encore le potentiel d’uranium qui est enfouis dans ces gisements situées dans la région de l’Adamaoua, mais les premiers résultats de forage ont révélé la présence de minerais à haute teneur, rapporte Peak Minerals. Si ces accords conduisent a une exploitation effective, elle permettra au Cameroun d’entrer dans le cercle restreint des producteurs d’uranium alors que le cours de ce minerai ne cesse de grimper sur les marchés mondiaux.
La miniere australienne affirme avoir également signé avec la société Minta Resources, un accord pour l’acquisition de 18 permis d’exploration minière couvrant environ 8 800 km2. Dans cette zone, les premiers travaux de recherche ont permis d’identifier de vastes zones de rutile, de zircon, monazite et de terres rares à haute teneur.
Afin de financer ces acquisitions, Peak Minerals annonce qu’elle prévoit de mobiliser dans les prochains mois, la somme de 1,7 millions de dollars US (1,11 milliards de FCFA) par le biais d’un « placement auprès d’investisseurs stratégiques ainsi que d’une émission de droits non renonçables aux actionnaires éligibles existants.
Une fois l’acquisition finalisée, Peak Minerals prévoit entreprendre d’autres vérifications préalables y compris la compilation et l’analyse de toutes les données historiques disponibles et des travaux d’exploration préliminaires sur les sites du projet. Elle prévoit également un programme d’exploration initial mettant l’accent sur la cartographie géologique détaillée des cibles d’exploration définies.
Quelques réserves tempèrent néanmoins cette annonce potentiellement importante. Premièrement nos recherchent nous montrent que Peak Minerals n’a aucune expérience à l’international en matière d’exploitation minière. Même sur le plan local en Australie, elle ne revendique que quatre permis d’exploration dans un pays sous-continent reconnu comme un paradis de l’exploitation minière. Plus grave, elle n’y a pour l’instant encore développé aucune mine industrielle.
Deuxièmement, depuis de nombreuses années que plusieurs autres sociétés australiennes s’essaient dans l’exploitation minière au Cameroun, la plupart des expériences se sont arrêtées au niveau des forages exploratoires et que celles qui sont allées au-delà, se sont cassée la figure au niveau de la recherche des financements pour l’exploitation effective des mines decouvertes. Peak Minerals fera-t-elle l’exception ?
Enfin, cette annonce ne vient-elle pas s’ajouter à plusieurs autres ces derniers temps en matière de projets économiques et sociaux mirobolants, mais sans aucune garantie de financement, dont le gouvernement s’est fait le spécialiste, certainement pour des raisons électoralistes ? Wait and see.
